Consommer des insectes : que des avantages !

 

Manger des insectes présente une liste impressionnante d’avantages. Et même si le principal inconvénient est celui de l’aspect et du goût, il y a des moyens de le contourner.

Visite guidée :

 

  1. Solution idéale face à la démographie galopante de ce XXIe siècle qui va nous obliger à nous tourner vers d’autres moyens alimentaires. La population en 2050 est estimée à 9 milliards d’humains. Si l’on extrapole la consommation mondiale de viande, il faudra doubler la production pour satisfaire les besoins, ce qui signifie que les surfaces agricoles seront insuffisantes pour assurer une telle demande. L’élevage et la consommation d’insectes pourrait rapidement et facilement répondre à ce défi. Ressource abondante, pratiquement aucune emprise sur les terres agricoles, un processus de fabrication peu gourmand en chimie, en pétrole, et exempt … d’insecticides !
  2. La teneur élevée en protéines des insectes comestibles en font une denrée supérieure aux végétaux et aux viandes. Elle peut atteindre 75% sur extrait sec.

    Les insectes présentent aussi d’autres qualités nutritionnelles : vitamines, minéraux, fibres et acides gras. Pour ces derniers par exemple, des analyses ont été réalisées sur des vers de farine et ont conclu que leur composition était la plus proche des préconisations du Programme National Nutrition Santé (PNNS).

  3. Un taux de rendement alimentaire record : Les animaux comme tout être vivant transforment une partie seulement de leur nourriture pour grossir et se développer. Une autre partie est aussi utilisée pour le métabolisme en particulier produire les calories nécessaire au maintien de la chaleur du corps. C’est ainsi que lorsque l’on donne 10 kg de nourriture à un bovin, il n’en restitue en moyenne que 1 kg sous forme de viande consommable ! Chez le porc, c’est 3 kg et la volaille 5kg. Autant dire que le « taux de conversion » est plutôt faible. Ce bilan est d’autant plus mal admis que ce système pose problème au niveau de l’utilisation des terres agricoles : les céréales qui y sont cultivées servent à nourrir des animaux qui produiront de la viande (qu’un petit nombre consommera) au lieu de nourrir directement un maximum d’hommes.

    Chez l’insecte, pas de souci de chaleur, pratiquement toute la nourriture est transformée en croissance : 10 kg de nourriture donneront 9 kg d’insectes !

    Au final, une quantité quelconque de proteines animales nécessitera beaucoup moins de produits alimentaires et donc de terres agricole (et accessoirement moins de travail !).

  4. Un impact environnemental très limité : on sait maintenant que l’élevage est responsable d’une grande partie de la production de gaz à effet de serre et contribue au changement climatique. Il contribue aussi à la pollution des sols et des nappes phréatiques. Les élevages traditionnels pour la production de viande émettent en effet du dioxyde de carbone (C02), du méthane (CH4) de l’oxyde nitreux (N2O), ainsi qu’une grande quantité d’ammoniac (NH3) responsable de surcroît de la nitrification et l’acidification des sols.

    L’élevage d’insecte produit beaucoup moins d’émissions polluantes : la production d’un kilo de vers de farine ou de criquets émet 10 à 100 fois moins de gaz à effet de serre que la production d’un kilo de viande de porc. Au niveau des sols, un cochon par exemple produit 8 à 12 fois plus d’ammoniac (à poids égal) que les criquets ou les sauterelles.

    L’élevage d’insectes est par ailleurs beaucoup moins gourmand en eau et les déchets produits facilement recyclables en engrais pour les végétaux (on connait le problème de l’évacuation des lisiers de porcs et les marées vertes provoquées par la pollution des cours d’eau).

  5. Une plus grande sécurité alimentaire : traumatisés par les récentes épidémies animales (vache folle, fièvre porcine, grippe aviaire … etc), les pouvoirs publics ont mis la filière d’élevage sous haute surveillance. Il n’empêche, l’élevage intensif reste de mise pour augmenter le rendement et répondre à la demande. Plus de 3 poules sur 4 soient 36 millions sont élevées en batterie. Cette forte densité d’animaux, loin de leur milieu naturel, les confinent dans des espaces très réduits. La forte promiscuité des bêtes facilite la transmission des maladies qui conduisent à l’utilisation massive d’antibiotiques ; par ailleurs certains animaux peuvent développer des anomalies du comportement (excès d’agressivité ou panique) ce qui oblige à les traiter par anxiolytiques. Le transport et l’abattage des animaux sont également sources de problèmes dans certains cas (blessures, fractures). Enfin aujourd’hui commencent à apparaître des soucis éthiques et de bien-être animal dans les élevages.

    Avec les insectes les probèmes sont bien moindres : les animaux traditionnels que nous consommons sont beaucoup plus proches génétiquement des humains que les insectes si bien que les maladies contractées par les animaux d’élevages traditionnels peuvent muter et se développer chez l’Homme. Ce risque est beaucoup plus faible chez les insectes comestibles qui transmettent en comparaison moins de maladies à l’Homme. L’insecte qui se développe et vit en essaim n’a pas non plus à souffrir de promiscuité.

    Au plan matériel, un élevage d’insectes représente une réelle alternative aux productions animales intensives. Il nécessite des infrastructures très concentrées (quelques bâtiments, peu d’emprise sur les sols) et le rendement est encore amélioré par le très rapide développement des insectes.

  6. La protection de la biodiversité est aussi à mettre au crédit de l’élevage controlé d’insectes. Une grande majorité des insectes consommés sont encore prélevés dans le milieu naturel. Ce peut être un danger si ces prélèvements sont sauvages et massifs. En instaurant une économie d’élevage controlé, les espèces peuvent alors être protégées et l’approvisionnement sécurisé.

    Ces insectes peuvent aussi être utilisés dans le recyclage de déchets organiques (agricoles, forestiers, domestiques) et ainsi contribuer à réduire la pollution.

  7. Un choix très large de possibilités alimentaires et culinaires : avec plus de 1400 espèces répertoriées à ce jour (mais la liste s’allonge!), les insectes comestibles sont souvent des plus familiers (fourmis, termites, grillons, criquets, chenilles, sauterelles, vers … etc), et aux dires des connaisseurs ont des saveurs les plus variées. Les recettes de préparation sont nombreuses : vivants, nature, frits ou bouillis, caramélisés, en sauce et de plus en plus aujourd’hui accompagnés (par exemple on associe la noix avec les vers de farine, le gorgonzola pour les nèpes). Les combinaisons de goûts et de types d’insectes sont illimitées !

    Pour les plus rétifs à la consommation d’insectes, il faut savoir que l’on peut fabriquer des farines ou des ingrédients à base d’insectes qui entreront dans la composition de plats (apéritifs, plats principaux ou desserts). Ainsi, sans le savoir ou sans réellement percevoir de différences gustatives, le consommateur moderne avalera de plus en plus d’insectes et, même … s’y habituera !

    RonBerg / Pixabay